Deux techniciens ont trouvé la mort dans l'effondrement du toit construit pour la scène de la chanteuse, au stade Vélodrome en 2009. Quatre sociétés et sept personnes vont être jugées en correctionnelle à l'automne…

Dix ans après, le procès de l'effondrement meurtrier de la scène devant accueillir un concert de Madonna au stade Vélodrome en 2009, va avoir lieu à Marseille. Quatre sociétés, dont le promoteur Live Nation France, et sept personnes vont être jugées en correctionnelle, a appris l'AFP de source judiciaire. Le procès pourrait se tenir à l'automne.

Le 16 juillet 2009, trois jours avant le concert, le toit de la scène en cours de montage sur la pelouse de l'Olympique de Marseille s'était effondré, tuant deux techniciens et en blessant sérieusement huit autres. L'un des blessés s'est suicidé deux ans plus tard, en lien avec cet accident, dont il ne s'était pas remis selon ses proches.

Les onze prévenus - quatre personnes morales et sept personnes physiques - seront jugés pour homicides et blessures involontaires ainsi que pour de multiples infractions aux règles relatives à l'hygiène et à la sécurité prévues par le code du travail.

"Imprévoyance", "négligence", "incurie"

"Leur nombre important montre l'imprévoyance, la négligence, l'incurie qui ont prévalu avant et pendant le chantier de montage" de la scène, écrit le juge d'instruction Pierre Philipon dans son ordonnance de renvoi du 29 janvier, que l'AFP a consultée.

S'appuyant sur les conclusions de plusieurs expertises et du rapport de l'inspecteur du travail, le magistrat instructeur estime que "l'organisation du concert s'est caractérisée par une totale improvisation en ce qui concerne la préparation et la réalisation des opérations de montage de la structure scénique".

Les personnes renvoyées devant le tribunal correctionnel sont la société Live Nation France, chargée de l'organisation de cette tournée de Madonna en France, ainsi que sa dirigeante, la SARL Tour Concept France, chargée du montage, et dont les victimes étaient les techniciens, ainsi que son gérant, la SAS Mediaco, spécialiste du levage, et son directeur d'exploitation, ainsi que la société anglaise Edwin Shirley Group, propriétaire de la scène, et trois de ses responsables. Sera également jugé un travailleur indépendant, le chef d'équipe en charge de "construire la scène".

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