La sagesse et l’envie de ne pas se livrer à des conjectures trop hâtives nous poussaient, il y a encore quelques mois, à ne pas envisager avant l’horizon 2020 l’arrivée d’une nouvelle génération de machines venant concurrencer la Nintendo Switch. Mais parce que la nouvelle année est l’occasion idéale pour évoquer l’avenir proche de notre média, une série de faits nous pousse à penser que Sony pourrait dégainer dès 2019 en dévoilant, voire en sortant sa PlayStation 5.

 Parce que la huitième génération a fait son temps

 La première est purement cyclique. En se basant sur les premières dates de sorties des différentes machines des dernières générations, il est possible d’établir une fourchette allant de 4 à 8 ans entre deux générations, avec une moyenne oscillant davantage entre 5 et 6 ans. Or, PlayStation 4 et Xbox One ont soufflées leur cinquième bougie en fin d’année dernière et atteindront donc le cap rarement dépassé des 6 ans d’existence à l’issue de 2019. Le timing semble donc idéal, la PlayStation 3 (7 ans) et la Xbox 360 (8 ans) restant les seules à avoir franchi ce seuil au cours des 4 dernières générations avant que leur constructeurs respectifs ne lancent une nouvelle console.

La seconde concerne davantage la question de l’obsolescence technique des machines. Le regain d’intérêt autour du marché PC lié à la plus grande accessibilité financière des configurations pour les joueurs a rendu la tâche nettement plus difficile aux consoles de salon. Exception faite des récentes machines de Nintendo qui ont opté pour une stratégie différente, les consoles constituaient auparavant le fleuron technologique du marché vidéoludique à chaque lancement. Ce ne fut pas le cas pour la Xbox One et la PlayStation 4, certes capables de faire tourner les titres dans de bonnes conditions, mais loin de supplanter le marché du PC à leur arrivée.

Si plusieurs d’entre elles ont su tirer leur épingle du marché (plus de 20 millions de Switch en moins de deux ans d’existence et 90 millions de PS4 vendues depuis 2013), les constructeurs ont donc fait le choix de proposer des consoles de milieu de génération capables de s’adapter à des cycles d’évolutions technologiques raccourcis, via la Pro et la One X jouant sur la fluidité et une résolution accrue. Les voir rapidement passer à la neuvième génération dès cette année n’aurait donc rien d’étonnant et serait la suite logique de cette démarche.

Parce qu’une absence à l’E3 n’est pas rédhibitoire

Mais alors, pourquoi n’évoquer que la PlayStation 5 en titre ? Les signaux sont certes positifs pour Microsoft, qui a notamment acquis de nombreux studios lors des des dernières années pour préparer l’avenir. Mais la firme doit, d’une part, préparer avec soin sa nouvelle génération pour éviter les erreurs de communication du lancement de la Xbox One, et d’autre part, jongler avec la sortie de sa Xbox One X survenue il y a seulement un peu plus d’un an alors que la PS4 Pro a déjà deux ans d’existence. Du côté de Sony, c’est surtout le choix de ne pas aller à l’E3 cette année qui interpelle : après avoir fait l’impasse ou livré le strict minimum au cours des derniers salons, ce choix augure forcément plus d’un changement de direction important que d’une volonté de montrer que le constructeur n’a tout simplement rien à annoncer cette année.

Rappelons d’ailleurs que Nintendo Switch, Xbox One et PlayStation 4 ont toutes été officiellement annoncées en dehors de l’E3. La seule exception récente concerne la Xbox One X qui fut présentée à l’E3 2017, mais la nationalité du constructeur et sa position dominante sur le marché américain font de ce dernier un enjeu crucial pour Microsoft, tandis que Sony mise davantage sur un marché mondial pour écouler ses machines. La PlayStation 5 a donc, tout comme ses prédécesseurs, toutes les chances d’être annoncée au cours d’un évènement spécial.

Parce que les annonces de jeux sont rares ces derniers mois

Absents à la Paris Games Week, désireux de ne pas proposer de PlayStation Experience 2018, Sony a renoncé aux nombreuses opportunités de dévoiler de nouveaux titres au cours des derniers mois. Un choix qui pourrait se justifier par la volonté de profiter de l’annonce d’une nouvelle machine pour présenter également quelques projets de nouvelle génération justifiant l’intérêt de cette dernière. Il suffit d’ailleurs de jeter un oeil aux studios de Sony Worldwide Studios ou à ceux travaillant de manière rapprochée avec Sony pour constater que seul Ghost of Tsushima a été récemment annoncé. Les autres sont donc à l’oeuvre sur de nouvelles productions, et il n’est d’ailleurs pas improbable que les titres n’ayant pas encore de date de sortie officielle (The Last of Us Part II, Ghost of Tsushima ou Death Stranding) sortent simultanément sur les deux générations de machines.

S’il reste possible que la console de Sony ne sorte pas cette année, une autre possibilité se dégage alors pour l’éditeur et constructeur nippon : faire revenir sa PlayStation Experience en fin d’année et profiter de celle-ci pour dévoiler sa PlayStation 5 qui sortirait alors début 2020. Un choix tout de même risqué puisque Sony serait alors quasiment absent de ce début d’année, offrant une fenêtre idéale à Microsoft pour continuer sur la lancée d’une communication nettement plus maîtrisée et convaincante sur cette fin de génération. Qu’il s’agisse de sa sortie ou de son annonce, gageons en tout cas que la PlayStation 5 a de bonnes chances de faire parler d’elle cette année.

 

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